Une soirée avec Miku / An evening with Miku

Hatsune Miku est une star au Japon. De celles que tout le monde connaît. La différence majeure avec ses consœurs ? Avec elle, pas de scandale teinté de sex tape ou de rails de coke : Miku est sage comme une image. Pas de liaison sulfureuse avec un rockeur désenchanté, pas d’excès en club, pas de conduite en état d’ivresse. Une vraie idole des jeunes qui ne fait pas de mal. On ne peut cependant s’empêcher de la remarquer, avec ses cheveux turquoise, ses grands yeux de chat et ses tenues de créateur. Pas une ride, et pourtant elle n’a jamais eu recours au botox. Miku ne vieillit pas. D’ailleurs, elle ne vieillira jamais, même si une simple coupure de courant peut la faire disparaître.

Car Miku n’est pas réelle. Entendez par là qu’elle n’est pas constituée de chair et de sang. Miku est un hologramme, une image de synthèse qui se produit sur les scènes japonaises ou sur votre écran. Née de Vocaloid, un logiciel permettant de synthétiser la voix en entrant les paroles via un clavier et d’y ajouter de la musique, Miku est devenue un réel phénomène au Japon où des milliers de fans créent des morceaux la mettant en scène. Ainsi, on peut dire que Miku est l’artiste qui interprète le plus grands nombres de chansons, son répertoire dénombrant plusieurs milliers de titres à son actif. Une vraie artiste participative

La semaine dernière, Miku s’est produite à Paris, au célèbre Théâtre du Châtelet, pour trois représentations. Les fans ont pu être quelque peu déçue, la diva numérique n’ayant pas assuré un concert entourée de ses musiciens comme à son habitude. Cette fois-ci, elle a été l’héroïne d’un opéra d’un genre nouveau, un opéra numérique où la rockstar aux couettes qui feraient pâlir Raiponce apparaît nostalgique, évanescente, s’interrogeant sur le sens de la vie, sur la mort, et plus particulièrement sur sa mort, la condition de sa propre existence inconditionnellement liée à l’électricité. A quoi tient la vie..?

Dans la salle, des fans de tous âges. Des curieux. Et de vrais fans, de ceux qui s’adonnent au cosplay et arborent une perruque aux cheveux turquoise pour ressembler à leur idole. Imaginez le tableau à la sortie du Théâtre du Châtelet. C’est Shinjuku à Paris ! On regrette juste que The End ne nous offre pas une prestation scénique de Miku – habillée pour l’occasion par Marc Jacobs pour Louis Vuitton -, mais une performance à mi-chemin entre pièce de théâtre et film d’animation. La popstar entame une conversation unilatérale au téléphone et fait face à un étranger personnage apparenté à un lapin. Aux manettes, Keiichiro Shibuya, qui donne vie à cet opéra singulier. Un opéra dont les paroles sont… Il faut l’avoir vu/entendu pour comprendre…

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Hatsune Miku is a star in Japan. One that everybody knows. The major difference with other stars? With her there is no scandal featuring a sex tape or cocaine: Miku is flawless. No trashy relationship with a wrecked rockstar, no binge drinking in clubs, no drunk driving. She’s the teen idol whom they can follow safely. However, you can’t miss her with her turquoise hair, her big eyes and her fashion outfits. Not a wrinkle and she never used botox. Miku doesn’t grow old. Actually, she’ll never grow old even though a simple power breakdown will make her disappear.

This is because Miku isn’t real. Understand: she’s no flesh and bones. Miku is a hologram, a digital image making the show on Japanese stages or on your screen. Born from Vocaloid, a software synthetising voice by entering the lyrics on a keyboard and mixing it with music, Miku has become a real phenomenon in Japan where she has thousands of fans creating new songs for her. Hence we can say Miku is the artist who has the greatest number of songs – several thousands. A real “crowdartist”

Last week, Miku performed in Paris , at the famous Théâtre du Châtelet, for three shows. Her fans might have been a bit disappointed as the digital diva didn’t sing surrounded by her musicians as usual. This time, she was the main character of a new kind of opera, a digital opera in which the rockstar whose pigtails Rapunzel would be envious of appears nostalgic, evanescent, asking questions about life and death, especially her death, the fragility of her own existence relying on electricity. What is life about..?

In the theater, fans of all ages. Curious people. And real fans, the cosplays wearing a turquoise wig to look like their idol. Can you figure out the setting in front of the theater after the show? It is like Shinjuku in the center of Paris! We only regret that The End doesn’t feature the usual Miku – dressed in Louis Vuitton by Marc Jacobs for the occasion – but rather a performance half-way between a play and an animated film. The popstar starts a one-way conversation on the phone, sharing the stage with a weird character resembling a bunny. At the keyboards, Keiichiro Shibuya who gives life to this peculiar opera. An opera which lyrics are… You need to have seen/heard it to understand…

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