Où sont les hommes ? / Where are the men?

Un premier article bilingue, parce que les copines françaises ne maîtrisent pas forcément la langue de Shakespeare et que les anglo-saxonnes n’y pigent rien à celle de Victor Hugo. Et comme les deux se posent la même question, autant répondre à toutes en même temps. Un article tout droit inspiré de mon papa, qui m’a accueillie au retour des vacances avec un exemplaire du Figaro magazine titrant “Où sont passés les hommes ?”. “Tiens, ma chérie, j’ai pensé que ça pourrait t’intéresser”… Oui, merci Papa. Du côté maternel (merci maman !), j’ai eu un frigo rempli de fruits et légumes. Allez comprendre…

Prêt..? Feu !

En 1977, Patrick Juvet chantait “où sont les femmes ?”, critique de la femme moderne qui adopte les codes masculins tels que le blouson de cuir noir et le cigare. En 2013, la question a changé de sexe et ce sont les hommes qui semblent avoir mué. Métrosexuels, puis übersexuels, les mâles d’aujourd’hui semblent avoir oublié le modèle du macho italien qui faisait tomber ces dames. A grands coups de chiennes de garde et autres féministes extrêmistes probablement en grande fâcherie avec le sexe dit fort, l’inversion des rôles a créé un joli bordel que psys et “grands penseurs” ne cessent d’analyser. La faute des femmes ? Pas si sûr…

Reprenons : les femmes cherchent le prince charmant et ne se satisfont pas des hommes d’aujourd’hui. Les hommes, eux, chipent les magazines féminins pour tenter de comprendre ce que c’est qu’être un mec bien et comment concilier séduction, galanterie et indépendance féminine. Vaste sujet que voilà et lesdits magazines ne font rien pour aider. Ne parlons pas des magazines de société qui nous balancent des théories fumeuses sur le fait que les hommes n’en sont plus parce qu’ils ont désormais le droit de se marier entre eux. Bientôt, on nous expliquera que les hommes se sentent menacés parce qu’on leur a appris à repasser leurs chemises tout seul… L’indépendance vaut pour tous…

Après des décennies de “combat pour l’égalité”, un certain transfert s’est opéré : l’égalité salariale est mise de côté, mais on partage l’addition ; le mâle veut bien défendre son territoire et sa dulcinée, mais il a fait vœu de non violence et préfère s’écraser gentiment plutôt que de montrer les crocs ; le prince charmant continue à être présenté comme un blondinet ascendant lavette, mais les femmes rêvent de celui qui les plaquera contre un mur, les attrapera par les cheveux et leur donnera une fessée au passage. Car, si les femmes ont toutes été élevées aux contes de fées, les hommes semblent oublier que le prince charmant est avant tout le mec qui arrive pour les sauver en les embarquant sur son cheval blanc (perso, je le préfèrerais noir, le cheval, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie, faut se faire une raison), combat les dragons et les invite au restaurant (les femmes, pas les dragons, et que celles qui ont répondu dans un sondage qu’elles étaient pour le partage de l’addition arrêtent l’hypocrisie : on sait bien que c’est à ça qu’on juge un homme dès le premier rendez-vous – ce qui ne nous empêche pas de vouloir inviter notre homme de temps en temps).

Alors oui, nos hommes on les attend moins hommes des cavernes et plus Shrek. Oui, vous avez bien lu : Shrek ! Pas le Prince de Lu à la coupe parfaite, mais un mec qui n’a pas peur de son sexe (dans le sens “genre”, hein, pas la petite – ou grande – bébête avec laquelle il aime jouer dans son lit le soir), avec quelques poils au torse mais qui arbore une coupe d’été en bas (faut pas déconner : l’égalité passe aussi par là, sinon on revient nous aussi à la mode 70s), qui prend les choses en main mais sait demander de l’aide quand il ne gère pas, qui cogne les méchants (quand c’est nécessaire) mais jamais sa copine (même s’il pense que c’est nécessaire)…

On pourra dire ce qu’on veut, mais la “femme moderne” est comme la “femme d’hier” : au final, elle aime les machos. C’est juste que des années de féminisme exacerbé ont diabolisé le terme et qu’elle n’ose même plus avouer qu’elle préfère un homme à un übersexuel (ce qui n’empêchera pas Monsieur de se laver tous les jours et de sentir bon plus souvent qu’à l’occasion, merci). De leur côté, les petites chéris ne savent plus trop sur quel pied danser. Ils ont appris ce qu’on sait faire de façon innée : minauder. Ils hésitent, se font désirer, attendent, font un pas en avant, trois en arrière et ne savent même plus ce que c’est que de conquérir une femme. Pour expliquer leur manque de confiance en eux, toutes les excuses sont bonnes, de l’attitude de gentleman (les mecs, ça c’est une fois que vous avez emballé !) au “respect de la femme” – entendez par là : si elle n’affiche pas un néon énorme avec “je te veux” dessus, ils n’y vont pas. Ouch ! Au temps pour Don Juan qui doit se retourner dans sa tombe.

Ce n’est pourtant pas comme si on ne leur donnait pas les clés de la réussite : plus ça va, plus les scénaristes sont des femmes. Des femmes qui transposent à l’écran les aspirations de leurs congénères. Mais voilà : au lieu de s’inspirer des comédies romantiques imposées par leurs copines, les mecs continuent à se perdre dans leurs réflexions infinies. Et laissent les femmes se demander où sont passés les hommes, les vrais, ceux qui agissent au lieu de penser

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A first bilingual post because my French friends don’t always master Shakespeare’s language and those abroad don’t understand a thing to Victor Hugo’s. And as both aks themselves the same question, let’s give the same answer in the same place. A post inspired by my dad who greeted me on my return from vacation with an issue of Figaro magazine with the title “Where have men gone?”. “Honey, I thought you might be interested”… Yes, thanks Dad. On my mother’s side (thanks Mum!), I got a fridge full of fruits and vegetables.

Ready? Shoot!

In 1977, Patrick Juvet, a French singer, sang “where are the women?”, a critic of the modern woman who uses all the masculine codes such as the black leather jacket or the cigar. In 2013, the question has switched to the other gender. Metrosexuals, übersexuals, today’s men seem to have forgotten the Italian macho model, the one who seduced all the ladies not so long ago. With all those extreme feminists who are probably in a big argument with the so-called strong sex, the inversion has caused a pretty mess that skrinks and “big thinkers” can’t stop analyzing. Blame it on the women? Not so sure…

Let’s get back to it: women are looking for prince charming and aren’t satisfied with today’s men. Men, on the other side, steal women’s magazines to try understand what it is to be a nice man and how to put together seduction, gallantry and women’s independance. Now that’s a wide subject and the aforesaid magazines don’t help at all. Don’t even look at other magazines with osbcure theories on the fact that men aren’t men anymore because now they have the right to marry each other. Soon, they’ll explain to us that men feel threatened because they have been taught how to iron their shirts on their own… Independance for all…

After decades of “fight for equality”, a transfer has taken place: equality in salaries has been put aside but we share the bill, man agrees on defending his territory and wife but he is non-violent and will rather go low-profile than get hostile, prince charming is still represented as a blondie ascendant pussy but women want the one who will pin them against the wall, grab them by the hair and spank them. The problem is that, if women has been raised with fairy tales, men tend to forget that prince charming is also the one who saves the princesses and takes them away on his white horse (I rather have it black, the horse, but you never get everything in life), fights dragons and invites them to the restaurant (the princesses, not the dragons, and may all the ones who answered a poll by saying they like to share the bill get rid of their hypocrisy: we all know this is how you judge a man on the first date – even though it doesn’t mean we don’t like to invite him every once in a while).

So yes, our men we like them less straight from the stone age and more Shrek. Yes, you read it correctly: Shrek! Not Mister Perfect with his ultimate haircut but a man who’s not afraid of his sex (as in “gender”, not the tiny – or big – animal with which he likes to play in his bed at night), with a bit of hair on his chest but not so much down there (c’mon: equality lies here too and otherwise we will also get back to the 70s style), who manages things but asks for help when he doesn’t have the skills, who fights against the bad ones (when necessary) but never hits his woman (even if he thinks it necessary)…

Whatever you say or read, the “modern woman” isn’t so far from the “yesterday woman”: in the end, she likes macho men. Years of enhanced feminism have made this a bad word and today women don’t even admit they’d rather have a Man (the male with a big “’M’) than än übersexual (note that it doesn’t prevent Mr. Big from showering every day and smelling good more often than only on special occasions, thanks). On the other side, the poor men don’t know how to act anymore. They have learned to do something that’s innate for us: simper. They hesitate, wait, take a step forward and three backward and don’t even know what’s it’s like to conquer a woman anymore. To explain their lack of self-confidence, all excuses are good, from the gentleman attitude (please, keep that for once you’ve got her!) to “respect of the woman” – understand: if she doesn’t put a huge sign saying “I want you’, they don’t go for it. Ouch! So much for Don Juan.

It isn’t like they haven’t been given the instructions, though: the more it goes, the more scriptwriters are women. And those women put on screen what they and their fellow ladies want. But there it is: instead of getting inspiration from the romantic comedies their girlfriends make them watch, men stick to their endless reflections. And let women wonder where are the men who act instead of think…

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