“StartUp”, le mot est lancé. Une espèce de fourre-tout qui fait rêver et ramène  inexorablement à l’image de geek borderline de The Network. La StartUp est par définition innovante, si possible créative, mais surtout elle laisse espérer la transformation en licorne, le Graal des entrepreneurs 2.0 (je persiste et je signe : cette expression est totalement désuète). Un mode de vie pour certains, qui y imaginent des bureaux où il fait bon travailler entre machine à café high tech (qui limite cire les chaussures en même temps) et baby-foot (pour le côté rétro). 

La StartUp : Dallas au pays des geeks

Et pourtant, la StartUp n’est pas ce havre de paix, condensé de créativité et repaire de génies en herbe. Le plus souvent, la StartUp est faite avec les moyens du bord, en mode bordel (excusez le vocabulaire) vaguement organisé, avec un rythme en dents de scie et surtout de nombreuses crises existentielles. Car oui : la StartUp est un univers impitoyable, même si on l’a créé (ce qui est peut-être encore pire). Pour faire simple, s’engager dans l’aventure StartUp, c’est une bonne dose d’idées innovantes, un soupçon de fun et trois cuillères à soupe d’éclate totale… auxquels vous ajoutez 10 volumes équivalents (a minima) d’emmerdes !!!

Je vous éviterai le décompte des heures passées à s’arracher les cheveux pour comprendre les aléas de la compta (et oui, même avec un bon comptable), les coups de stress quand le facteur sonne et annonce joyeusement “j’ai un recommandé pour Tralala” (on imagine toujours le pire, même quand on n’a strictement rien à se reprocher), les nuits passées à boucler les petits détails qui changent tout” et les dossiers à “rendre pour avant-hier, merci”… Non, la vie de start-up n’est pas de tout repose, même si j’avoue volontiers me prélasser en terrasse dès que le soleil pointe le bout de son nez au printemps pour redorer le blanc hivernal, quitte à augmenter ma dette de sommeil (ben oui : faut bien le terminer, ce dossier).

Un téléphone dans la main, une tablette sous le coude

A quoi reconnaît-on un StartUpper ? Le smartphone fait partie à part entière de son anatomie (à croire qu’il est né avec) et il a souvent un second écran à portée de main (surtout dans un bar ou un restaurant, où il donne ses rendez-vous professionnels, ça le fait sortir de sa tanière). D’ailleurs, pour le contacter, mieux vaut privilégier le tweet ou le message sur Slack. Le nombre d’emails non lus dans sa boîte est un indicateur de performance notoire : moins il y en a, plus il est content, quitte à mettre à la corbeille tout ce qui ne vient pas d’un investisseur potentiel ou d’un contact “intéressant”. Autant dire qu’il vaut mieux avoir montré patte blanche sous peine de se voir relégué au rang de spam.

Toujours est-il que le StartUpper se heurte souvent à l’incompréhension de ses proches : “es-tu vraiment obligé de répondre à tes messages durant le dîner ?”, “Avec les heures que tu fais, je ne comprends pas comment tu ne gagnes pas plus”, “c’est facile pour toi : t’as pas de boss, tu fais ce que tu veux”… Alors, comment dire… Poliment… Allez tous vous faire f….e !!! Oui, voilà, c’est bien ça… Parce que la moindre inattention peut mener à une vraie catastrophe (opportunité loupée, contrat qui passe sous le nez, etc.), merci de respecter le fait que oui, le StartUpper est toujours sur le qui-vive car il n’a pas ce délicat parachute nommé chômage, ni d’indemnités journalières en cas de maladie, encore moins d’allocations diverses et variées.

Des idées, des rêves et une vision d’avenir

Pourtant, tous les jours des StartUps se montent et bon nombre d’idéalistes ambitieux s’imaginent volontiers galérer quelques mois (voire quelques années) plutôt que de suivre un schéma plus classique (et sécuritaire). Pourquoi ? Tout simplement parce que le moteur du StartUpper c’est le rêve et, encore mieux, l’idée que ce rêve pourrait bien devenir réalité avec un peu de débrouillardise et une vrai force de persuasion. Car oui, créer sa StartUp c’est avoir le talent de transmettre sa vision pour que d’autres y croient aussi.

Alors oui, se lancer dans la grande aventure de la StartUp requiert une volonté de fer, mais le fait est qu’on crée son business, et le plus souvent un business qui a du sens. Un choix presque évident pour une génération de millenials qui rejettent les modèles archaïques et ne peuvent s’imaginer dans un bureau grisâtre. Une StartUp peut se créer ici, se développer là et se gérer de n’importe où. Oui, même en terrasse au soleil ou les pieds dans l’eau sur une île paradisiaque. Unique exigence : une connexion haut débit !