C’est l’histoire d’un virus qui papillonne

C’est tombé comme un cheveu sur la soupe : sucer provoquerait le cancer de la gorge. Tout ça à cause d’un vilain virus, le papillomavirus ou HPV, qui se transmet lors de relations sexuelles. Ça, les filles connaissent : elles ont droit, régulièrement à des examens que je ne décrirai pas ici de peur de choquer irrémédiablement les âmes sensibles de nos mâles préférés. Bref, le papillomavirus, qui nous enjoignait jusqu’ici à abuser de la capote et était l’affaire des seules donzelles, revient tout à coup sur le devant de la scène et flirte dangereusement avec les hommes.

La gâterie gâtée

Cette excuse un brin tirée par les cheveux (quoique réaliste, n’en déplaise aux anti-moralisateurs), je l’avais entendue pas plus tard que ce weekend. L’histoire m’avait bien fait rire – pensez plutôt : “désolée, chéri, je ne te sucerai plus parce que ça donne le cancer”… Il y a de quoi relancer la production de préservatifs goût fraise et chocolat (un truc des années 90..) et créer de nouveaux goûts, un peu comme pour les macarons -, mais il semblerait que l’idée prenne de l’ampleur.

Le coup fatal a été asséné par le sex addict Michael Douglas qui, interrogé sur son cancer, a annoncé qu’il était dû non pas aux excès d’alcool, cigarette et autres drogues, mais à un excès de cunnilingus (sic !). Oui, alors que certaines femmes prenaient pour excuse le risque de cancer pour ne pas s’adonner à la petite pipe hebdomadaire, ce sont maintenant les hommes qui ont trouvé leur dispense de descendre à la cave. Comme ça, on est quitte !

Tu seras puni par là où tu as péché

Chez Vice, on détruit joyeusement la déclaration de Michael Douglas – qui se la joue un peu quand même, non..? “J’ai trop brouté de minous” ça fait un peu “je suis un dieu du sexe”, mais passons – en se concentrant sur l’attitude du pauvre lécheur d’abricots et en passant du même coup sur ce scandale à venir : hommes et femmes, même combat contre le sexe oral. Voilà qui va plaire aux puritains qui luttent depuis des siècles contre le vice du sexe. Âmes perdues que nous sommes, il est temps de revenir aux fondamentaux, à savoir le gentil missionnaire à la papa entre personnes mariées (ensemble, hein !), pour éviter toute contamination étrangère.

Reste à savoir ce que vont devenir ces milliers d’adolescentes qui passent de l’esquimau au pénis à un âge où certaines ont encore une Barbie qui traîne dans leur chambre… Devront-elles renoncer à leur vœu de chasteté (“jusqu’à mes 15 ans, j’suis pas une salope quand même !”) pour continuer à entretenir des “relations privilégiées” avec les garçons de leur âge ? Affaire à suivre…